Frédéric Meyer rebondit avec MBAviation

Fréderic Meyer demeure l’une des figures majeures de l’assistance aéroportuaire. Avant la fin de l’aventure AMC Group, il avait senti les évolutions du métier d’assistant aéroportuaire. Aujourd’hui avec sa structure MBAviation, créée en 2010, il conseille, implémente et assiste les utilisateurs des produits Amadeus dédiés aux assistants et exploitants d’aéroports.

Propos recueillis par David Cannard

 

Quel portrait feriez-vous de l’assistance aéroportuaire sur les vingt dernières années ?

Frédéric Meyer : L'assistance en escale s'est toujours calée sur le mode de transport dominant : avant la seconde guerre mondiale, le bateau ; puis l’aviation commerciale qui prend son essor à la Libération. Les assistants portuaires et fluviaux ont mécaniquement dupliqué leur métier vers les tarmacs. C’est le cas notamment de la famille Verougstraete à l’origine d'Aviapartner (Belgavia à l'époque) en 1949. Il y a donc une très forte adaptation du secteur à son environnement. Aujourd’hui, l’évolution technologique est telle que le métier n’est plus le même, mais il peine à se réinventer.

Quels sont les nouveaux défis de l’assistance en escale ?

F.M. : Déjà en 1996, nous avions "béta-testé" le « off-airport ». En constatant que 20 % des croisiéristes étaient transportés par voie aérienne, nous avions mis en place l’enregistrement déporté des bagages et leur acheminement depuis et vers les navires de croisière. En 2010, le process était en place avec Heliair Monaco. Mais à l’époque, le marché n’était pas suffisamment mûr pour connaître un essor vraiment fulgurant ; ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec de multiples applications possibles. Imaginez un congressiste

qui enregistre ses bagages depuis la réception de son hôtel ou au palais des congrès, alors qu'il vaque à ses occupations son bagage est directement routé vers l'aéroport, puis son avion. La facilitation est un vrai défi. Les assistants qui savent créer de la valeur survivront.

Quelles sont les applications notamment pour les aéroports secondaires ?

F.M. : Aujourd'hui, le développement de MBAviation est directement lié aux préoccupations des aéroports secondaires. MBAviation a ainsi été un des premiers testeurs et utilisateurs de la suite Altéa que nous commercialisons pour le compte d’Amadeus. Ce logiciel intègre en une seule plateforme : réservations (GDS), gestion d’inventaires, processus d’enregistrement, contrôle des embarquements et de centrage (DCS). Aujourd’hui, nous aidons des exploitants d’aéroports petits et moyens soit dans la sélection d’un système informatique adapté, soit dans l’implémentation, mais aussi la formation et le premier niveau de support. Nous accompagnons également les organismes de formation tels que l’Esma, Skyy Aviation en Afrique du Sud ou même Sharaf Academy à Dubaï sur les mêmes terrains et formons leurs formateurs. Une activité qui a permis à MBAviation de générer un CA d'un million d’euros en 2016.